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La dernière photo de l’article précédent montrait un cerf, en promettant d’autres photos du brame. Voici une rencontre avec deux puis trois puis quatre biches, suivies d’un daguet, jeune cerf Cervus elaphus. Le calme des animaux montre que, même s’ils ont senti une présence, ma silhouette sous camouflage n’est pas identifiée comme une source de danger.
On reste avec les animaux forestiers, bien que d’une taille nettement différente. Un Ecureuil roux Sciurus vulgaris est venu protester au-dessus de mon poste d’observation des oiseaux. Je pense qu’il n’était pas content de ne pouvoir descendre boire à la source.
Une Mante religieuse Mantis religiosa, insecte assez peu fréquent à Lugrin, est arrivée non loin de moi en volant. Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour démonter une partie de mon objectif et la photographier avant qu’elle ne disparaisse. Parmi les noms communs donnés à cet insecte, il y a Tigre de l’herbe, Prie Dieu ou encore Cheval du diable.
La migration des rapaces est très dispersée cette année. Seuls quelques oiseaux passent, individuellement, et il est rare d’en voir plusieurs ensemble. Voici des Buses variables Buteo buteo …
… et des Milans royaux Milvus milvus.
Des Corneilles noires Corvus corone ont pris l’habitude de se percher en haut d’un cerisier. Elles ont ainsi un bon poste d’observation pour surveiller plusieurs noyers qui leur fournissent une nourriture abondante.
Mésanges de la semaine : Mésange nonnette Poecile palustris …
… et Mésange charbonnière Parus major.
Une Fauvette à tête noire Sylvia atricapilla, mâle …
… et une femelle de Rougequeue à front blanc Phoenicurus phoenicurus.
Celui-ci me pose un problème d’identification. Je n’ai que ces deux photos, donc pas de vue du dos et des ailes. Je pense à une Fauvette des jardins Sylvia borin mais sans certitude.
Le deuxième Rougegorge familier Erithacus rubecula photographié est probablement malade, je ne crois pas que l’état des plumes de la face soit lié à une mue du plumage.
Une fois n’est pas coutume, j’ai braqué mon objectif sur d’autres êtres que des oiseaux. Tout d’abord une visiteuse de mon jardin, aux yeux de biche : normal, c’en est bien une. Elle traverse parfois le bas de mon jardin, qui n’est pas clôturé, mais monte parfois aussi plus haut vers mes pommiers dont elle apprécie visiblement les branches basses.
Ensuite, passons aux papillons. Une zone fleurie au coin d’un pré attirait différentes espèces que j’ai tenté d’identifier. Attention, les identification sont incertaines. Voici des Azurés de la bugrane Polyommatus icarus. L’individu brun est la femelle.
Les taches sous les ailes, très différentes de celles sur la photo précédente, indiquent qu’il s’agit d’une autre espèce, le Cuivré fuligineux Lycaena tityrus.
Celui-ci, encore bien différent, serait l’Azuré des nerpruns Celastrina argiolus.
Quant à celui-ci, il manque une vue du dessous des ailes pour préciser de quel argus il s’agit.
Espèce dont les mâles sont très territoriaux, la Lucine Hamearis lucina. Je ne peux résister à copier la description de l’habitat : milieux mésoxérophiles semi-ouverts, soit pelouses sèches buissonnantes, clairières, lisières … (source : Guide pratique des papillons de jour – Guide Delachaux).
Il y a une bonne douzaine de nacrés …
… et autant de mélitées, je n’ai pas réussi à nommer ces deux individus.
Le dernier est un champion du camouflage lorsqu’il ferme ses ailes, c’est le Myrtil Maniola jurtina.
D’autres insectes butinaient, dont des Syrphes, petites mouches précieuses puisqu’elles sont grandes destructrices de pucerons.
Je n’ai pu mettre un nom sur cette autre « mouche ». ces insectes qui n’ont que deux ailes compensent l’absence d’une deuxième paire d’ailes par des balanciers, formes blanchâtres derrière les ailes, caractéristique commune à tous les diptères mais qu’on n’observe pas forcément quand on chasse une mouche énervante.
Quelques semaines en arrière, je vous présentais une Pélopée courbée Sceliphron curvatum. La petite guêpe maçonne ici est du genre Sceliphron mais n’a aucune marque jaune sur l’abdomen. C’est donc une autre espèce, à préciser.
Revenons aux oiseaux, avec un rarissime survol d’une Cigogne noire Ciconia nigra qui est allée chercher un thermique pour prendre de l’altitude, probablement en migration postnuptiale vers le sud du Sahara.
Ce Geai des chênes Garrulus glandarius est visiblement malade, la tête entièrement déplumée. Qui sait s’il survivra ?
Cette Buse variable Buteo buteo a aussi un plumage bizarre aux longueurs inégales : il s’agit simplement d’une phase de mue qui permet le renouvellement des plumes.
Je ne photographie pas souvent des Rougequeues à front blanc Phoenicurus phoenicurus, moins fréquents ici que les Rougequeues noirs.
C’est la pleine saison pour voir les Gobemouches noirs Ficedula hypoleuca, qui s’arrêtent quelques jours sur leur trajet migratoire vers le sud du Sahara, du Sénégal au nord de la RDC.
Il y a également les Gobemouches gris Muscicapa striata, moins nombreux. La zone d’hivernage de cet autre grand migrateur se trouve en Afrique, au sud d’une ligne allant du Sénégal au Kenya.
Les Fauvettes à tête noire Sylvia atricapilla, ici une femelle, sont également migratrices. L’espèce hiverne du sud marocain au Nigeria.
Le Serin cini Serinus serinus ne reste pas à Lugrin pour l’hiver mais ne se lance pas dans une grande migration. Il reste dans le sud méditerranéen.
Les mésanges habituelles, en premier la Mésange nonnette Poecile palustris …
… et la Mésange bleue Cyanistes caeruleus.
Le Rougegorge familier Erithacus rubecula
Un Pic épeiche Dendrocopos major
Des Hérons cendrés Ardea cinerea. Pour les amateurs de photo, les deux premières vues ont été prises au 400 mm , la troisième avec un doubleur donc au 800 mm, la quatrième au 800 et la dernière au 400. Les deux dernières images qui peuvent sembler être en noir et blanc restituent en fait la couleur réelle des feuillages couverts de fiente des cormorans.
Et les voilà ces Grands cormorans Phalacrocorax carbo, dont une partie de la population va bientôt migrer vers le sud et une autre partie, devenue sédentaire, va rester pendant tout l’hiver.
Une femelle de Canard chipeau Mareca strepera
Deux Grèbes castagneux Tachybaptus ruficollis
Des Mouettes rieuses. En photo 1, ce sont des adultes en plumage internuptial . En photo 2, c’est un immature aux aile encore marquées de brun , devant un Goéland leucophée tout aussi immature.
Les écureuils sortent du bois pour aller glaner au sol tout ce qu’ils peuvent trouver en prévision de l’hiver.
On pourrait croire que le Gobemouche noir va picorer de belles baies rouges. Mais non, il est strictement insectivore et virevolte en l’air pour capturer les moucherons qu’il a repéré.
Le Gobemouche gris partage ce même régime alimentaire mais il me semble qu’il chasse de préférence dans la partie basse des arbres en lisière de prairies. Le vol est plus difficile à saisir.
Le Rougequeue à front blanc, très semblable de silhouette aux Gobemouches, est aisément distingué par sa queue.
Il y a quelques Fauvettes à tête noire, ici une femelle, qui prospectent les buissons. C’est un oiseau insectivore mais qui passe à un régime plus varié comprenant mûres, et autres petits fruits à l’automne. Il s’agit de prendre de l’énergie avant la migration.
Rougegorge familier et Mésange nonnette restent sur place toute l’année, capables de consommer graines, insectes, fruits et graisse si on leur en met à disposition.
Un Héron cendré a choisi un vieux châtaignier comme perchoir temporaire.
Voici quelques photos de Fuligule morillon, mâles. Le premier montre une barre sombre dans son bel œil jaune, curiosité anatomique, et le dernier démontre la flexibilité de son cou.
Le Fuligule milouin, plus gros, a l’œil rouge mais bien que j’aie tenté de le suivre depuis la berge, je n’ai pas eu de meilleur profil.
Les Grèbes huppés sommeillent le bec enfoncé dans les plumes, ce qui les fait ressembler à des bateaux militaires des années 1900. En passant, la langue doit bien aider lorsqu’ils ont un poisson dans le bec.
Enfin, voici ce qui aurait pu constituer les photos de la semaine. Ce Martin pêcheur a passé quelques instants à se toiletter mais je n’ai pas réussi à en faire des photos de bonne netteté.