2024-11-10

Nous vivons des journées d’automne sous ou au-dessus du stratus. Cet épais nuage couvre tout le bassin lémanique à une altitude entre 800 et 1000m. La montagne est donc en plein soleil et la plaine sous le nuage.

Cette belle météo permet d’observer les Chocards à bec jaune …

… le Grand corbeau ….

… le passage d’un Epervier d’Europe …

… ou des Buses variables.

Le Gypaète barbu vu cette semaine est un « nouvel » individu, différent de celui photographié la dernière semaine d’octobre qui était un oiseau de 3è année. Celui-ci est un petit jeune,de première année : la queue est proportionnellement énorme, les plumes des ailes sont bien pointues, la tête est sombre et les épaules sont blanches.

En montagne, le beau temps profite aussi aux chamois …

… et aux bouquetins. Les premières photos sont des femelles et des jeunes. Ensuite ce sont les mâles aux grandes cornes. Bon, il y a un malheureux qui a les deux cornes brisées, ce qui ne lui donne pas beaucoup de chances d’avoir une descendance, ne pouvant rivaliser avec les plus grands mâles. Le rut a débuté et les mâles passent leur temps à se jauger et s’intimider réciproquement.

La dernière observation en montagne n’est pas de belle qualité mais c’est un oiseau suffisamment rare pour que je le mentionne : l’Accenteur alpin, tête grise et poitrine orange striée, un oiseau à peu près de la taille d’un merle.

Maintenant passons sous le stratus, ce qui explique la grisaille de ces photos.
Des Mouettes rieuses à la pêche, pour un poisson trop lourd qui a dû être abandonné …

… vite récupéré par un Goéland leucophée, sous l’oeil d’une Mouette rieuse immature de l’année, au plumage brun.

Celui-ci de Goéland leucophée en avait après un de ses congénères posé sur l’eau au pied du fanal.

Les femelles de Harle bièvre sont encore seules, les mâles ne sont pas encore revenus pour l’hivernage sur le Léman.

Un Cincle plongeur est occupé à une soigneuse toilette. La paupière de cet oiseau est blanche, détail visible en dernière photo.

Les Corneilles noires sont sociables et assez peu farouches si on prend le temps d’approcher.

Un Pic épeiche a déployé ses belles ailes tachetées.

J’ai à nouveau pu admirer des Orites- Mésanges à longue queue -à l’heure de leur bain …

… en concurrence avec une Mésange charbonnière, bien plus grosse.

Et quelques autres petits oiseaux :

Quelques fleurs tardives attirent encore des mouches butineuses.

La semaine se termine sur une « forêt » miniature, de la mousse sur un rocher.

2024-10-27

Les journées sont encore chaudes et on voit passer de nombreux papillons, les Vulcains. Le4s papillons de cette espèce, nés dans le nord de l’Europe migrent vers le sud pour se reproduire en hiver. Leur descendance migrera vers le nord au printemps.

L’isotherme du 0°C est depuis plusieurs jours entre 3000 et 3600m. Les montagnes autour de chez moi sont donc accessibles, sans neige. C’est le massif du Mont-Blanc qui seul présente des cimes enneigées pour l’instant.

Cette chaleur relative profite à de nombreux insectes, dont de belles sauterelles vertes …

… dont profitent divers oiseaux comme le Traquet motteux. Une fois qu’il a capturé une sauterelle, il secoue vigoureusement la tête, ce qui semble arracher l’extrémité des pattes et probablement les ailes. Il n’y a plus qu’à avaler !

Les Chocards à bec jaune sont assez indifférents à la température et volent en toutes saisons en groupes bruyants …

… surtout si un Aigle royal pénètre dans leur espace aérien, comme c’est le cas sur la première photo. C’est ce qui a attiré mon attention. l’aigle a ensuite longé le flanc de la montagne – la Dent d’Oche – en faisant une brève démonstration de piqué, ailes repliées, avant de repartir au loin.

Un peu plus tard, c’est un Gypaète barbu qui est apparu à son tour. La couleur sombre des ailes et du corps indiquent que l’oiseau n’est pas adulte, stade atteint en sixième année. Entre la couleur du corps, celle de la tête et l’état des rémiges, je crois que c’est un oiseau de 3è année. En troisième photo, il y a peut-être un serpent dans les serres – proie inhabituelle pour un gypaète – mais la distance ne permet pas d’en être certain.

De taille beaucoup plus modeste, on voit pas mal de Faucons crécerelles, à toutes altitudes.

Il y a aussi des passages fréquents d’Eperviers d’Europe …

… de Milan royal …

… et de Buses variables.

Les Rougequeue noirs sont encore nombreux. Il y a plus souvent des jeunes ou des femelles que des mâles – dernière photo.

J’ai bien essayé de prendre plusieurs photos de cet oiseau pour vérifier l’espèce mais il ne s’est pas laissé faire. C’est un Pipit mais difficile de préciser.

Cet individu un peu hirsute est un Pinson des arbres mâle en plumage internuptial.

Une cohabitation temporaire rapproche un Pinson des arbres et un Pic épeiche.

Les Mésanges bleues sont de véritables acrobates quand il s’agit de prospecter les arbres pour trouver des insectes.

Les Orites, Mésanges à longue queue, sont aussi des acrobates mais ne font aucune prouesse pour aller boire et se baigner, il faut rester aux aguets : les risques sont au maximum quand on est au sol.

2024-09-22

Une « goutte froide » avait été annoncée, elle est arrivée et voilà la première neige sur la Dent d’Oche et le Château d’Oche. Environ 20cm de neige fraîche à 1800m d’altitude, la végétation est encore verte sous la neige.

Les oiseaux sont encore présents, pris un peu par surprise, comme les Rougequeues noirs, jeunes ou femelles sur ces photos.

Le Troglodyte mignon ne change pas ses habitudes et recherche des insectes sous les plantes.

Et cet oiseau qui a l’air un peu perdu me semble être une femelle de Linotte mélodieuse.

Mon objectif, en montant au Pas de la Bosse où j’ai trouvé la neige, était d’observer de grands rapaces. Mission accomplie puisque j’ai vu deux Vautours fauves …

… et un Gypaète barbu, un peu lointain.

En redescendant dans la vallée de Bise, j’ai rencontré un Faucon crécerelle en chasse. Ce qu’il tient dans sa patte sur les deux dernières photos ressemble à une sauterelle.

Les rapaces en migration passent, selon les jours et les conditions météo, entre les bords du lac et 1300m d’altitude. Il est donc difficile de prévoir ce qui va passer devant l’objectif.

Voici un jeune Busard des roseaux, vu au Mont Bénand.

Un Faucon hobereau, reconnaissable à son ventre rayé rouille, vu au Mont Bénand.

Quelques Buses variables, vues au-dessus des prairies de Lugrin, dont certaines querelleuses. Ce n’est pas la plus déplumée qui subit le plus !

Deux Milans royaux, vus depuis les prairies de Lugrin.

Je me trouvais immobile dans un pré, surveillant des oiseaux dans la haie, quand un Renard roux est passé, sans me remarquer. Même le bruit du déclencheur ne l’a pas inquiété.

Un petit tour du côté de l’étang de la réserve de la Dranse donne une Mouette rieuse …

… un Grand cormoran …

… un Martin pêcheur …

… et le comportement étrange de quelques Hirondelles rustiques : à plusieurs reprises, elles sont allées frapper l’eau. Le mouvement est trop rapide pour que je sache si c’est pour capturer des insectes ou pour prendre un bain express.

Voici des Hirondelles rustiques dans des circonstances plus habituelles.

Un Rougequeue noir perché sur une clôture électrique n’a rien à craindre, ne touchant jamais le sol simultanément.

L’ongle postérieur de même longueur que le doigt qui le porte confirme que c’est un Grimpereau des jardins. Les critères de distinctions sont parfois plus compliqués que celui-ci.

Les Pouillots ont été absents de Lugrin cette année, en voir deux cette semaine est donc un espoir pour leur retour au printemps prochain.

Passage d’un Pic épeiche femelle.

Le Gobemouche gris a la tête rayée …

… bien différente de celle du Gobemouche noir.

Pour photographes : le Gobemouche noir ci-dessus et la Sittelle torchepot ci-dessous ont été pris avec le téléobjectif de 400mm et un multiplicateur 1.4, ce qui donne une optique de 560mm. Il faut beaucoup plus de lumière pour prendre des photos, dans un endroit très peu éclairé, et j’ai poussé la sensibilité jusqu’à 10’000 ISO. On perd de la profondeur de champ mais les gros plans sont possibles et intéressants quand la mise au point est bien faite.

Au vu des résultats obtenus, j’ai fait une séance d’affut en 560mm avec 8 à 10’000 ISO de sensibilité. En voici les résultats.

2024-07-07

On débute au bord du Léman et on grimpe, jusque vers 2000m d’altitude.


Quelques Hérons cendrés viennent quotidiennement occuper les branches mortes d’un châtaignier, probablement parce que leurs perchoirs habituels sur les rives sont maintenant dérangés par les vacanciers pour l’été.

Une femelle de Merle noir venue boire et se baigner, …

… comme les jeunes Mésanges bleues …

… et la femelle de Fauvette à tête noire. Pour avoir une idée de la vitesse des mouvements des oiseaux, le déclenchement à 1/800è de seconde fige les gouttes d’eau mais pas les ailes !

Le nid de Milan noir le plus tardif est toujours occupé par au moins un jeune …

… alors que d’autres jeunes de l’année sont maintenant visibles en vol, reconnaissables au plumage frais très moucheté sur le dessus des ailes, entre autres.

La montagne cette semaine est une découverte autour du Roc d’Enfer, non loin de Morzine. En absence de nuages, la vue sur le Mont Blanc est belle.

Quelques papillons sont passés devant mon objectif, adultes ou encore sous forme de chenille.

Les fleurs en montagne ont toujours un peu de retard sur la végétation de la plaine, ce qui permet de voir encore des orchidées sauvages par exemple.

Les petits oiseaux étaient nombreux, pas tous identifiables, en voici quelques uns, identifiés.

On va vers les oiseaux un peu plus grands avec ce Chocard à bec jaune, qui vient de capturer un coléoptère.

Premier rapace : un Faucon crécerelle, à peine visible lorsqu’il passe devant la falaise.

Deuxième rapace, un Milan royal.

Troisième rapace : un Aigle royal. Regardez bien les trois premières photos, il est pourchassé par une Pie bavarde qui le contraint à prendre le large. le roi de la montagne serait-il déchu ?

Un peu le Graal pour qui fait de la chasse photo en montagne, un Gypaète barbu. Autant les autres rapaces me survolent avec une certaine indifférence, autant celui-ci a cerclé à faible hauteur dans le but évident de m’inspecter et de satisfaire sa curiosité. Le fait qu’il lâche une fiente en troisième photo n’a rien d’une menace ou d’un jugement, c’est un comportement tout à fait naturel.

La montagne est également fréquentée par des ongulés, dont les plus habituels sont les chamois.

C’est par contre la première fois que je vois des Mouflons. Il y a eu des ré-introductions pour la chasse dans les années 50 et quelques groupes familiaux se maintiennent tant bien que mal car l’animal est peu adapté aux rigueurs de la montagne. Certains animaux sont en pleine mue, ce qui explique des pelages un peu bizzares. Il y a des groupes rassemblant femelles et petits et quelques jeunes mâles …

… les mâles adultes se regroupant à l’écart.

Enfin, les Marmottes animent les alpages, tant par leurs déplacements que par les cris d’alarme.

Mais la plus amusante des animations est sans aucun doute celle due aux jeux des jeunes marmottes, de vrais lutins.

2022-10-30

L’humidité de la nuit et la chaleur des journées sont propices aux champignons, dont les Lépiotes. Celle-ci pourrait être la Lépiote brun-incarnat, mortelle.

La chaleur des journées est aussi favorable aux insectes et le va-et-vient incessant de frelons m’a incité à y regarder de plus près. Une équipe de plusieurs frelons se relaye pour grignoter l’écorce d’un rameau de frêne. C’est probablement ainsi qu’ils produisent la cellulose pour fabriquer leur nid.

Quelques oiseaux familiers de Lugrin.
Un mâle de Serin cini …

… un Pouillot véloce …

… un Merle noir mâle sur un talus donc à hauteur d’oeil …

… une Sittelle torchepot …

… et quelques Mésanges huppées peu farouches qui sont venues à moins de 3m de mon objectif.

Deux sorties en montagne, entre 1500 et 1900m, m’ont fourni de la matière.
Une femelle bouquetin, avec son petit discrètement couché à son côté.

Oiseau montagnard, le Chocard à bec jaune est généralement occupé à picorer paisiblement ou à voler en bande …

… mais quand survient un intrus comme une Buse variable, toute la troupe se rassemble pour le faire déguerpir.

Aussi un corvidé mais plus gros que le chocard, c’est le Grand corbeau.

Plusieurs Aigles royaux sont passés mais très haut dans le ciel.

Un Epervier d’Europe, jeune de l’année je crois, est passé plus près, donnant la fausse impression d’être plus gros que l’aigle.

Une femelle de Faucon crécerelle, en chasse, est passée, encore moins loin de moi.

Une petite bande de 7 Vautours fauves tournait autour de la Dent d’Oche et du Château d’Oche mais ne se sont pas rapprochés pour de meilleures photos.

Et enfin, observation exceptionnelle pour moi, un Gypaète barbu – le nom vient des petites plumes qui ornent la base du bec – s’est approché tranquillement et m’a survolé. Avec une envergure allant jusqu’à 2m75, c’est vraiment un oiseau énorme mais il se déplace sans un battement d’aile dans un calme extraordinaire. la tête noire indique qu’il s’agit d’un immature de moins de 6 ans.

2022-06-19

Bien qu’il ait une tête de vieux rocker, c’est un jeune. Les semaines précédentes, son crâne était encore rouge, c’est le poussin du Foulque macroule.

Les poussins de Canard colvert grossissent mais ne changent pas encore de plumage.

Une Harle bièvre a exécuté une simulation pédagogique de recherche de poisson, avant de ramener ses 9 poussins au repos sur un vieux tronc à demi immergé.

Quelques autres jeunes oiseaux aperçus en différents lieux.

Probablement encore immature, ce Héron cendré qui n’a pas de calotte noire sur la tête, mais sinon il a tout d’un grand.

Les jeunes commencent à s’aventurer hors des nids chez les Mouettes rieuses …

… obligeant les adultes à intervenir si un Milan noir approche de trop près.

Chez les Milans noirs, un nid qui était caché depuis des semaines est redevenu visible après la chute d’une branche et on devine un adulte qui couve.

Pour les Grands cormorans, on aperçoit les becs des jeunes qui s’agitent au ras des nids.

Bientôt un nid chez les Linottes mélodieuses ? La femelle seule serait difficile a identifier mais dès qu’on voit le rouge du mâle, il n’y a plus aucun doute.

Une rencontre avec quelques Fauvettes des jardins.

Autre rencontre, le Traquet motteux, dont le mâle porte un masque noir, la femelle étant plus grise.

Des oiseaux divers, sans commentaire particulier.
Un Chocard à bec jaune, oiseau montagnard…

… un mâle de Tarier des prés …

… une Bergeronnette grise …

… des Pouillots véloces …

… et des Chardonnerets élégants.

Observation amusante au bord d’une petite mare, avec un Verdier d’Europe mâle rejoint par une Mésange bleue puis par une femelle de Fauvette à tête noire.

T’as de beaux yeux, t’as de belles plumes ! C’est vrai pour l’œil émeraude du Grand cormoran …


… c’est vrai aussi pour l’œil rubis du Grèbe huppé …

… pour l’œil doré du Fuligule morillon et les plumes bleu pétrole de la tête du mâle …

… et pour les plumes du cou du Pigeon ramier.

En voyant des Martinets noirs venir boire, j’ai rêvé de réussir une photo d’un oiseau « écopant » la surface de l’eau sans ralentir. Verdict : c’est très difficile à capturer en image.

Puisqu’il est question d’eau, voici encore quelques libellules, dont les Agrions – abdomen 3 cm de long – de différentes espèces. Il y a des mâles qui se boxent pendant que les femelles pondent …

… l’énorme, en comparaison, Anax empereur femelle – abdomen 6 cm – en train de pondre également …

… et leur prédateur, la Grenouille verte. L’attaque sur l’Anax a échoué. J’ignore si les grenouilles se nourrissent à l’occasion des pontes de libellules.

Le Crocothemis écarlate mâle, bien nommé …

… la Libellule fauve, mâle …

… et l’Orthetrum réticulé, mâle.

Une journée en montagne, entre 1500 et 2000 m …
avec un Faucon crécerelle survolant un bouquetin.

Comme d’habitude les mâles se regroupent sur un versant …

… tandis que les femelles et les jeunes fréquentent l’autre versant …

… et que quelques jeunes en profitent pour s’en mettre plein la tête.

En cette journée de montagne, la chance m’a souri, puisqu’il y a eu trois passages de Vautours fauves, pas trop haut dans le ciel, jusqu’à cinq oiseaux tournant simultanément. Envergure 2m30 à 2m65. Un oiseau est allé se percher sur un rocher au loin- silhouette tout droit sortie d’une BD de Lucky Luke.

La chance m’a encore plus souri, avec deux passages de Gypaète barbu. Envergure 2m35 à 2m75. Les taches blanches sur le bord des ailes montrent que j’ai pu observer deux individus distincts, chose assez rare.