2024-06-02

Si vous n’êtes pas ornitho, même amateur, c’est difficile à comprendre. L’observation d’une espèce pour la première fois est un plaisir intense. Quand c’est une espèce rare, en danger critique d’extinction, c’est double plaisir avec de la fierté en plus.
Voilà ce qui m’est arrivé il y a quelques jours en voyant passer cette silhouette inhabituelle, que j’ai identifiée comme un Ibis chauve. J’avais vu un reportage sur une réintroduction en Autriche, avec apprentissage de la migration guidée par un ULM.
Voici le commentaire que j’ai reçu après avoir signalé cette observation sur le site de la LPO – Remarque de Richard Prior :
Il s’agit bien d’un Ibis Chauve, notre ami ‘Oskar’ qui a traversé Haute-Savoie le 6 et 7 avril dernier. Il passe l’été autour de Bulle, Canton de Vaud, Suisse. Hier il a traversé le Lac Léman mais a fait demi tour au sud de Thonon et était de retour en Suisse fin d’après-midi ( données venant de l’appli Animal Tracker).

Les autres oiseaux observés cette semaine sont donc bien pâles en comparaison mais commençons par les nichées. D’abord les Etourneaux sansonnets. En fin de semaine, ce nid est déserté, les jeunes ayant probablement pris leur envol.

Le nid de Milan noir situé en contrebas de ma rue contient toujours deux jeunes. Le plus développé a pris le plumage brun, encore marqué de duvet, alors que l’autre est encore beaucoup plus blanc.

Le deuxième nid, partiellement visible, contient bien deux oisillons, encore blancs, bien qu’une seule tête apparaisse la plupart du temps.

Le troisième nid garde son mystère : la femelle n’est plus couchée en permanence dans son nid mais aucune tête ne bouge quand elle est perchée à côté ou absente …

… et ce n’est pas un Milan noir perché …

… ou un autre, rapportant un poisson dans le bec et un autre dans les serres, qui permet d’en savoir plus sur le nombre de jeunes présents dans le quartier.

Pour poursuivre avec les rapaces, il y a bien sûr la Buse variable, …

… et un beau spécimen de Faucon hobereau, probablement en migration, qui a survolé les prairies.

Vous trouvez que le prix des cerises augmente ? A qui la faute ? Ce n’est pas les coûts de transport ou de main d’œuvre de cueillette, c’est tout bonnement la concurrence des Corneilles noires.

Le Geai est chênes est un oiseau étonnant par son plumage et sa capacité à émettre des sons très doux tout autant que de sonner l’alarme dans les bois.

Devine qui vient prendre son bain : d’abord la Fauvette à tête noire, mâle avec le capuchon noir et jeunes ou femelles avec le capuchon brun, …

… la Mésange bleue habituelle …

… une Grive musicienne, moins fréquente, …

… un Gobemouche gris, deuxième individu de la saison pour moi, …

… et un oiseau inconnu, difficile à identifier dans cet état. Je pense à une Hypolaïs polyglotte, de ce que j’en ai vu avant son bain.

Fin de cette petite semaine avec un Tircis, petit papillon de plus en plus fréquent avec l’avancée de la saison.

2024-05-26

Commençons par l’actualité des nichées.
Sur les 4 nids de Milan noir que je guette régulièrement, un est devenu quasi invisible dans la végétation.

Un autre est occupé par la femelle (seule à couver pour cette espèce). Pas moyen de savoir si elle couve encore ou si elle réchauffe des oisillons.

Un autre nid est difficile à observer, les feuilles masquant en partie le nid. J’avais d’abord vu un poussin mais un deuxième lève parfois sa tête.

Le troisième, situé en contrebas d’une route est assez pratique à observer, par au-dessus. Il y a deux oisillons, endormis la plupart du temps mais tout de même un peu actifs par moments.

Un des adultes est venu apporter du ravitaillement mais est resté prudemment perché à l’écart tant que j’étais là, une façon de ne pas révéler l’emplacement du nid ?

Le nid de Pic épeiche ne contient qu’un seul jeune. Le mâle, barre rouge sur la nuque, comme la femelle se sont approchés pour apporter des insectes et autres gourmandises comme des cerises. Seul le mâle a osé venir jusqu’au nid. La femelle est restée prudente, à distance, malgré mon filet de camouflage et uen bonne heure d’attente.

Des Etourneaux sansonnets ont établi leur nid dans un trou, dans un vieil arbre. Bien que le jeune oisillon soit capable de sortir la tête, lorsque les adultes viennent, ils entrent dans le nid pour le nourrir.

Les Rougequeue noirs ont parfois des nids faciles à repérer, sur des poutres sous des avant toits par exemple. S’ils sont installés dans des buissons, on ne voit que les aller-retours des adultes. Les deux premières photos montrent une femelle qui transporte de la nourriture. Les trois autres images, qui ressemblent beaucoup à des femelles pourraient être des jeunes qui ont pris leur envol.

S’il y a des nids, il faut protéger non seulement la proximité immédiate de ceux-ci mais aussi l’espace aérien tout autour. C’est ce que fait la Corneille noire contre le Milan noir.

Plus étonnant, au passage d’une femelle d’Epervier d’Europe, il y a d’abord eu quelques Martinets noirs qui ont crié et piqué vers l’épervier – photo 5- puis c’est une Hirondelle rustique qui s’est attaqué à beaucoup plus gros qu’elle, jusqu’à l’éloigner.

Les différentes espèces ne sont pas nécessairement en conflit permanent. Au bord du lac par exemple, on trouve souvent des groupes hétéroclites avec Héron cendré, Grand cormoran et Goéland leucophée.

Un Héron cendré …

… et des Goélands leucophée en vol. Il s’agit de deux immatures, de deux ou trois ans, ils ont encore du brun sur les ailes.

Une Foulque macroule recherche des herbes aquatiques.

Deux mâles et une femelle de Harle bièvre. Les femelles iront bientôt nicher, parfois dans de grands arbres, et les mâles quitteront les rives du lac, devoir accompli.

Deux premières observations de la saison.
D’abord un Rossignol philomèle, venu discrètement boire et se baigner …

… et un Gobemouche gris, vu de très loin, et qui n’a fait qu’une apparition.

D’autres oiseaux , plus réguliers.
Un Pic vert, mâle puisqu’il a du rouge dans la tache noire sous le bec.

Un Chardonneret élégant.

Des mâles de Serin cini.

Une Mésange nonnette.

Un mâle de Fauvette à tête noire. J’en ai rarement vu chassant les insectes dans les herbes hautes, c’est un oiseau plutôt familier des buissons.

Celui-ci est élu le « beau gosse » de la semaine. C’est vraiment un très bel oiseau dans la famille des corvidés.

Les Frelons, européen celui-ci, sont des insectes qu’on voit le plus souvent passer en vol. Celui-ci s’est reposé quelques instants sur une feuille de cornouiller, m’autorisant une belle photo.

2024-05-19

Beaucoup d’oiseaux ont commencé a transporter de la nourriture vers les nids, signe que les œufs ont éclos. Pour certaines espèces les nids sont assez faciles à repérer mais pour ceux qui nichent dans les buissons, dans de grands arbres ou à l’abri du lierre, il faut se contenter d’observer la collecte d’aliments.

Merle noir, femelle.

Roitelet à triple bandeau

Rougegorge familier. La baie de lierre apportée par l’adulte est presque aussi grosse que la tête d’un oisillon.

Rougequeue noir. Je n’ai vu que des mâles, les femelles sont peut-être encore au nid pour réchauffer leur progéniture.

Mésange charbonnière. En suivant un adulte , j’ai fini par apercevoir l’entrée du nid, haut dans un châtaignier et derrière le lierre.

Mésange bleue. Le nid a été facile a repérer par les allées et venues des adultes, pas trop inquiets de ma présence.

Pic épeiche. Le ou les petits dans le nid émettent en continu une espèce de grésillement. Il faut ensuite attendre la venue des adultes, méfiants, pour voir quel trou est occupé.

Milan noir. Le nid en bas de ma rue, visible par en-dessus est enfin animé par deux poussins, d’abord peu duveteux et peu mobiles et beaucoup plus hardis en fin de semaine.

Héron cendré. Les jeunes étaient déjà bien dégourdis la semaine précédente mais j’ai enfin pu assister à un nourrissage : un adulte face à quatre jeunes. Un jeune frappe le côté du bec de l’adulte qui régurgite alors une becquée avant de prendre du recul et peut-être sa respiration. C’est ensuite un autre jeune qui vient quémander.

Curieusement, alors que des hérons sont occupés à nourrir leur nichée, d’autres prospectent les grands arbres, à la recherche de branchages. Je ne crois pas qu’il ait une deuxième nichée plus tard dans la saison et ce serait pour renforcer les nids.

Le nid d’Etourneau sansonnet photographié la semaine précédente est silencieux. Le ou les jeunes ont très certainement pris leur envol. Plusieurs étourneaux tournaient autour du trou dans le platane, dont l’un avec des branchages pour garnir un nid. Il a fait deux tentatives pour insérer ses branches dans le trou avant de laisser tomber, au sens propre, et de repartir collecter des objets plus maniables.

D’autres Etourneaux sansonnnets vaquent à leurs occupations : boire et se baigner, lancer des trilles pour attirer un ou une partenaire, picorer des insectes pour se nourrir.

A la source, il y a toujours quelques oiseaux qui passent,
une Mésange nonnette …

… un Serin cini mâle, joliment coloré …

… et une jeune Grive musicienne. Musicienne puisque les taches ont une forme de pointe de flèche et jeune car elle a encore les commissures jaunes au bec.

D’autres oiseaux isolés,
une Pie-grièche écorcheur, mâle, …

… une Sittelle torchepot …

… deux Fauvettes à tête noire, mâle avec la tête noire et femelle avec la tête brune …

… un Milan noir qui vocalise …

… et une Buse variable planant dans une ascendance.

Le Martinet noir glisse dans le ciel à grande vitesse …

… ce que ne peut imiter l’Hirondelle de fenêtre, aux ailes plus courtes, pourtant suffisamment rapide pour être difficile à photographier…

… comme l’Hirondelle de rochers, d’aspect un peu rondouillard. Pourtant, regardez bien la dernière image, elles exécutent toutes deux un looping !

En montagne, j’ai vu arriver dans le ciel cet oiseau étrange, pourvu de deux « jambes ». De plus près, j’ai reconnu une Bondrée apivore, dont la queue a été fortement déplumée.

Toujours en montagne, j’ai déclenché le cri d’alerte du Faucon pélerin en passant juste en-dessous de son perchoir, dans la falaise des Mémises. Il n’est pas pour autant parti pendant que je tentais de le photographier, en plein contre-jour. Un peu plus tard, il a provoqué les sifflements d’alerte des marmottes …

… ce qui m’a permis d’en voir une avant qu’elle ne se jette au fond de son terrier.

Le Chamois s’est montré indifférent au passage du faucon mais a tout de suite repéré ma présence au loin.

Avant de quitter la montagne où j’étais monté dans l’espoir de voir un aigle, j’ai été récompensé par ce spectacle, malheureusement très éloigné : un Grand corbeau qui houspille un Aigle royal. je crois en tout cas qu’il s’agit de ces deux oiseaux.

En revenant sur le « plancher des vaches », voici un petit coléoptère, dont les élytres sont soudées donc qui ne peut voler, qui s’appelle le Crache-sang. Si on le dérange, il sécrète un liquide rouge brillant destiné à faire fuir les prédateurs.

Pour terminer, deux papillons de nuit, le premier est une Phalène picotée et le deuxième un Autographa gamma dont on voit bien la forme particulière du dos qui lui sert de camouflage sur les écorces des arbres.

2024-05-12

Star de la semaine : une Buse variable qui s’est envolée à peu de distance.

Autre star, ce magnifique papillon de la famille des Sphynx, pas encore identifié. La taille en est impressionnante : 10 cm entre les extrémités des ailes.

A l’opposé ce charmant petit insecte butineur qui s’appelle le Grand bombyle mesure à peine 12 mm.

Un peu plus gros, une 20 aine de mm, un Bourdon des pierres.

Ce petit coléoptère serait un Clairon des abeilles, ainsi nommé parce qu’il pond dans les ruches et dans les nids d’abeilles sauvages.

Celui-ci, ou plutôt ceux-ci, c’est du Téléphore moine. Je n’ai pas trouvé d’explication à ce nom étrange.

Les fleurs des arbres fruitiers sont envahies de ces gros coléoptères, les Cétoines dorées. Il paraît qu’ils sont utiles malgré les dégâts causés aux fleurs car leurs larves accélèrent le processus de compostage.

Il y a une variété considérable de mouches, dont l’Empis marqueté.

Du côté des papillons, celui-ci est le Satyre ou la Mégère, en latin Lasiommata megera, encore une fois sans que j’aie une explication à fournir sur son nom.

Beaucoup plus petit, voici un des cuivrés. Il en existe plusieurs espèces et je ne sais pas distinguer plus avant.

Les piérides sont de petits papillons blancs avec plus ou moins de taches sur l’aile antérieure. Celui-ci pourrait être la Piéride de la rave.

S’il y a des papillons, c’est qu’il y a des fleurs à butiner. Pourtant, curieusement, je n’ai jamais vu d’insectes sur les différentes orchidées sauvages que l’on voit dans les prairies.

Après ces digressions, on revient aux oiseaux, avec les oiseaux du bord de l’eau, des Hérons cendrés.

Toujours au bord de l’eau, une Bergeronnette grise.

Franchement dans l’eau, un Goéland leucophée immature, puisqu’il est encore brun.

Encore dans l’eau mais ce n’est pas son élément c’est juste pour le bain, une Fauvette à tête noire, mâle.

Les Mésanges bleues sont des oiseaux qui se baignent fréquemment et presque frénétiquement. A part le bain il faut aussi nourrir la nichée.

J’ai ici une Mésange charbonnière adulte à droite et un jeune de la saison à gauche, reconnaissable aux commissures bien jaunes.

l’Orite ou Mésange à longue queue est un oiseau que je trouve très sympathique par son allure et ses attitudes.

Les Pics épeiche sont à nouveau visibles, après une période de discrétion, à la recherche de proies pour nourrir leurs nichées.

Les passages de rapaces migrateurs se raréfient progressivement. Quand on voit l’état du plumage de ce Milan royal, on peut comprendre qu’il ait pris du retard.

Cet Epervier a provoqué un grand tumulte de protestations et de cris d’alarme chez les Milans noirs nicheurs du secteur. Il a fini par battre en retraite, sans aucune chance de capturer une proie quelconque.

Un Milan noir a aussi jugé que la proximité d’une Buse variable constituait une menace envers son espace et il l’a éloignée avec autorité.

Un Grand corbeau a trouvé un morceau de pain, à déguster au calme.

Un Rougequeue noir, femelle, guette des proies depuis le haut d’un piquet.

Comment distinguer Hirondelles de fenêtre, ici …

… et Hirondelle rustique, là. C’est simple, la rustique est « sale », avec son menton rouille.

Et voici le premier mâle de Pie-grièche écorcheur de la saison. J’ai eu beau chercher ces derniers jours, je n’ai pas encore vu de femelle.

2024-05-05

Un peu de Lugrin, beaucoup des Grangettes. En effet, j’ai eu moins de temps qu’à l’habitude pour me promener autour de chez moi mais j’ai passé une journée entière dans la réserve des Grangettes. A Lugrin donc, pour commencer.

Voici un Geai des chênes qui tente de casser une petite branche, probablement pour en garnir son nid.

Un coup d’œil chez les Hérons cendrés montre deux choses. D’une part, la coiffure magnifique que procurent les plumes nuptiales des adultes. D’autre part, les œufs ont éclos depuis un bout de temps : les jeunes sur les deux dernières photos ont déjà leur plumage de vol. J’ai attendu une bonne heure qu’un adulte vienne les nourrir, sans succès.

Par contre, juste au-dessus d’où je guettais les hérons, il y avait une nichée d’Etourneaux sansonnets que les parents venaient nourrir toutes les 10 minutes. Insectes et vers, un régime hyperprotéiné.

Chez les Milans noirs, j’ai trouvé un quatrième nid occupé, très haut dans un frêne, et je crains qu’il ne soit bientôt plus visible à travers les feuilles. Enfin, je trouve que le milan en dernière photo a un petit air déprimé, à la Calimero.

Un mâle de Pinson des arbres dans un if et une femelle qui va boire, …

… un mâle chanteur de Serin cini et un autre qui boit, voilà les derniers oiseaux de cette semaine.

J’ai aperçu ce Longicorne avant de voir qu’il était paralysé par une araignée en train de le déguster tranquillement.

Parmi les butineurs, le bourdon collecte une belle cargaison de pollen sur ses pattes arrières.

Ceci n’est pas une abeille, c’est une petite mouche « déguisée », un Syrphe

UNE JOURNÉE AUX GRANGETTES
La réserve naturelle couvre une zone comprenant des roselières, de forêts, des prairies, des haies, quelques étangs et quelques espaces d’activités humaines : plage, chantier naval, port, champs et vergers. Il y a une faune variée et assez abondante. Plusieurs observatoires sont aménagés pour observer sans déranger.

En premier, un brève apparition d’un Coucou gris.

Au loin, quelques Bihoreaux gris, difficiles à saisir dans une lumière matinale faible. La dernière photo prise en fin de journée n’est guère meilleure.

Deux apparitions de mâles de Tarier pâtre …

… et une femelle de Tarier des prés.

Quelques Bergeronnettes grises fréquentent le bord de l’eau et les prairies.

Les roselières accueillent les premières Rousserolles effarvattes, qui chantent pour manifester leur présence.

J’ai aussi vu mes premiers Bruants des roseaux, femelle en haut et mâle en bas de l’image.

Au dessus des roselières un grand rapace est venu prospecter, avant de se poser quelques instants puis de repartir : une femelle de Busard des roseaux. Cet oiseau d’une envergure de 1m20 à 1m40 peut se poser et s’agripper à des roseaux sans les faire plier, en enserrant plusieurs tiges à la fois.

D’envergure un peu plus modeste, 105cm, une Aigrette garzette m’a offert de belles photos.

Les Grèbes huppés se livrent toujours à des parades mais c’est la première fois que je peux photographier un accouplement.

Les couples construisent des nids, hélas en y incorporant des débris de plastique. Certains nids sont des amas de brindilles qui flottent dans des eaux calmes, un nid a été construit sous un ponton, et d’autres oiseaux ont opté pour la vase. Le niveau du lac est en ce moment au plus bas et les eaux vont monter, qu’adviendra-t’il de ces nichées ?

Il y a par endroits une surpopulation, des nids venant à se toucher. Les couples sont territoriaux et il y a une grande tension entre les oiseaux, menant à des gestes d’intimidation puis des bagarres.

Sur les rives des vasières les Poules d’eau se promènent sur leurs longues pattes verdâtres et picorent des végétaux.

J’ai aperçu quelques Chevaliers guignette au loin. La dernière photo permet de comparer ce petit oiseau à un autre, plus commun, le Merle noir.

Un mâle de Nette rousse est passé sur un canal, presque à mes pieds.

Même situation pour le Foulque macroule, aux pattes feuillues et curieusement colorées.

En gros plan, un mâle de Fuligule morillon.

Et du Grand cormoran comme on en voit peu souvent : l’un perché sur une bouée pour se sécher et l’autre en gros plan.

Encore deux oiseaux pris à faible distance, un mâle de Rougequeue noir …

… et une Hirondelle rustique.

Après les oiseaux, quelques grenouilles qui se chauffent au soleil …

… un lézard un peu timide …

… et une musaraigne qui fouine dans les herbes.

Pour terminer, voici les premières libellules de la saison. D’abord des lestes ou des agrions, que je n’ai pas encore identifié avec précision,

… et un magnifique spécimen de Cordulie à deux taches, femelle.

2024-04-28

Les Buses variables se nourrissent surtout de micromammifères. En voici une preuve. J’aurais voulu voir si l’oiseau transportait la souris vers un nid ou s’il allait consommer mais j’avais la vue bouchée par des arbres.

Ces deux buses étaient peut-être en vol de parade ou vol nuptial. Elles ont effectué quelques piqués en parallèle.

Et dans la vie de buse il faut aussi compter avec les territoires des autres, comme la Corneille noire.

Le seul autre rapace que j’ai pu observer cette semaine était le Milan noir : des cercles de plusieurs oiseaux comme des individus isolés. Je continue à surveiller les quatre nids occupés que j’ai repérés.

On passe à des oiseaux de plus petit taille. Voici un Merle noir femelle et un mâle.

Les Etourneaux sansonnets sont moins discrets de jour en jour. Ils s’installent bien en vue sur des branches et se lancent dans des discours compliqués que seuls leurs congénères peuvent comprendre.

Les Serin cini se déplacent en ce moment en petits groupes de 5 à 10 oiseaux. Quand ils viennent boire et se baigner, il y a du remue-ménage dans les buissons. Les deux premières photos sont des femelles et la troisième un mâle.

Les Moineaux domestiques sont aussi en bande mais je n’ai pris qu’un mâle en photo, c’est tout de même un oiseau moins original.

Celui-ci est un peu terne également mais c’est pour se protéger : le Pouillot véloce fait son nid au sol, au cœur d’un buisson touffu.

Contrairement à ce que laisse imaginer son nom, le Troglodyte mignon ne niche pas sous le sol mais dans un nid discret adossé à des pierres, un tronc ou encore dans un tas de bois.

Puisqu’on est au point d’eau, voici quelques autres visiteurs :
un mâle de Fauvette à tête noire …

… une Mésange nonnette …

… et une Mésange charbonnière, parasitée par une tique.

Les Mésanges bleues sont visibles partout dans les arbres mais j’en ai peu photographiées avec une proie, dernière photo. Elles attrapent entre autres des petites chenilles qu’elles frappent contre la branche pour les tuer avant de les consommer ou transporter pour nourrir les oisillons.

Dans une zone marécageuse, j’ai aperçu un mâle de Tarier pâtre…

… et, sur un enrochement du Rhône, plusieurs Bergeronnettes grises sont venues chercher larves et insectes.

Dans les bois, j’ai suivi les aller-retours de Roitelets à triple bandeau transportant du matériel pour un nid mais ils sont difficiles à photographier !

J’ai compensé ma frustration avec ces photos d’un Grimpereau des jardins, peu soucieux de ma présence.

Voilà, enfin, des photos qui justifient le nom complet du xylocope, Xylocope violet.

2024-04-21

Le refroidissement de cette semaine n’a pas empêché l’éclosion des premières orchidées sauvages.

Les insectes se sont faits plus discrets mais les Xylocopes sont toujours faciles à voir, par leur couleur et leur taille.

Un Etourneau sansonnet mâle – base du bec bleue – s’est livré à une petite danse sur une branche.

Le manège de Chardonnerets élégants juste au-dessus de la maison m’a intrigué jusqu’à ce que j’en voie un transporter du matériel pour garnir le nid. J’ai repéré le buisson dans lequel vont les oiseaux mais je ne pourrai approcher, le buisson est trop dense.

Ce nid de Milan noir est de grande surface, calé dans une fourche d’un châtaignier, réutilisé chaque saison depuis plusieurs années. La femelle qui couve est visible tant que le châtaigner n’a pas développé ses feuilles. Le mâle se tient non loin, sauf quand il part chercher de la nourriture – poisson mort ou autre charogne.

Un autre oiseau prépare aussi un nid : la Mésange bleue collecte ce que je crois être des soies de sanglier.

Le mâle de Fauvette à tête noire chante pour attirer une compagne ou affirmer son territoire.

La Mésange charbonnière ne fait rien de particulier …

… alors que le Pouillot véloce chasse des insectes sur ou sous les feuilles.

Le Rougequeue noir se perche pour guetter le sol et se jette sur tout insecte qu’il voit. La coloration générale de cet individu est du type femelle mais comme il a du noir autour de l’oeil, ce serait un mâle subadulte, le plumage nuptial complet n’étant acquis qu’à deux ans.

Il y a moins de Grands corbeaux que les semaines précédentes mais l’un d’eux a quand même exécuté un tonneau pour aller rejoindre un congénère perché dans un arbre.

Ce Merle noir est particulier : un « défaut » génétique, le leucisme, lui donne un plumage partiellement blanc. Cette originalité devrait me permettre de l’identifier facilement, si je le revois.

2024-04-14

J’accorde la une de la semaine à un Grand corbeau qui aurait pu inspirer La Fontaine. Riche d’un morceau de pain tenu sous une patte, il clamait avec véhémence sa propriété ou son bonheur, qui sait. Toujours est-il qu’il s’est laissé approcher, même après avoir terminé son en-cas.

Ses congénères poursuivent leurs ballets aériens, dont je n’ai pas de bonne photo cette semaine. Je montre tout de même la poursuite d’un objet – morceau de pain ou de mousse. Je sais qu’un rapace donne ainsi une proie en plein ciel à son conjoint. Le Grand corbeau le fait-il aussi ou s’agit-il d’un « jeu » ?

Ce Milan noir, en passant curieusement pâle, tient quelque chose dans ses serres mais n’a rien lâché.

Cette bagarre entre Milan noir et Grand corbeau a eu lieu juste à côté d’un nid occupé. Je pense que le Grand corbeau envisageait de se restaurer d’un œuf, après avoir harcelé l’oiseau qui couve.

Le voici justement ce Milan noir qui couve, en première photo. Il y a maintenant trois nids occupés que je surveille lors de mes rondes. Chez les Milans noirs, ce sont les femelles qui couvent, pendant un peu plus d’un mois. le mâle ravitaille et surveille.

Il y a eu aussi une bagarre entre Grand corbeau et Buse variable mais je n’ai pas trouvé de nid; pas encore, je ne désespère pas.

J’aimerais trouver un nid de Héron cendré plus visible que ceux que je connais, surtout pour observer le nourrissage des petits quand les œufs auront éclos. Pour l’instant, les nids au sommet des grands pins offrent tout de même quelques prises photogéniques.

Chez de plus petits oiseaux, la saison des nids a aussi débuté. Des Moineaux domestiques ont choisi de squatter un nid occupé l’an dernier par des pies. C’est un peu surdimensionné et je n’ai pas revu d’oiseau les jours suivants, peut-être sont-ils repartis pour une demeure plus à leur taille.

Là où il y a une colonie de Grands cormorans, ce n’est pas un nid qu’on trouve mais plus d’une centaine, résonnant des gloussements incessants des oiseaux. Je ne sais pas si ça couve déjà, en tout cas il y a du transport de matériaux.

Pas de comportements de couples chez les Fuligules morillons, bien que les mâles arborent leur houppette de plumes derrière la tête et les reflets bleus et verts sur leur cou.

Les mâles des Nettes rousses montent la garde auprès de la femelle qu’ils ont choisi de séduire, chassant énergiquement tout prétendant qu’ils jugent trop proche.

Il ne faut pas non plus interrompre les parades de Grèbes huppés, la collerette est alors agitée de manière menaçante et, s’il le faut, la poursuite du prétendant peut même se continuer sous l’eau.

Le calme relatif chez les Etourneaux sansonnets me fait penser que de nombreux oiseaux sont occupés à couver : on ne voit que quelques mâles -base du bec bleutée- qui chantent ou se baignent.

D’autres oiseaux s’occupent avant tout de se nourrir :
Les Rougequeues noirs se perchent en hauteur pour repérer des proies qu’ils vont capturer au sol. Femelle brune et mâle noir.

Les Serins cinis sont naturellement végans, ils mangent des graines et des fleurs. Mâle très jaune, femelle plus terne.

Quelques autres observations de cette semaine :
une femelle de Pinson des arbres …

… une Mésange nonnettte …

… une Mésange bleue …

… une Mésange charbonnière …

… un Merle noir mâle …

… un Chardonneret élégant …

… un Verdier d’Europe mâle …

… une femelle de Pic épeiche …

… une Sittelle torchepot, qui fait tomber une graine de frêne en dernière image …

… un Milan royal …

… des Milans noirs …

… et une Buse variable qui a viré sur l’aile en passant devant une forêt sombre.

Il n’y a pas que les oiseaux, voici un Xylocope violet, qui tient son nom des reflets sur les ailes. Celui-ci est plutôt brun.

Les lézards profitent des jours ensoleillés. Celui qui a le ventre orangé serait un mâle et le dernier une femelle mais je ne sais que faire du premier, qui porte un trait bleu sur la joue.

La semaine prend fin sur trois observations peu fréquentes :
un Bihoreau gris, petit héron aux mœurs plutôt nocturnes …

… un Chevalier guignette, absorbé à chasser des insectes dans les enrochements du bord du lac …

… et une Grive musicienne, que j’ai rarement photographiée d’aussi près.

2024-04-07

Une sortie en montagne, à l’alpage de Trépertuis pour être précis, m’a offert des spectacles printaniers comme ces fleurs …

… mais aussi plusieurs imposantes coulées de neige sur les versants nord, précédées par des grondements ressemblant à des roulement de tonnerre.

J’ai aperçu une troupe d’une quinzaine de chamois, encore habillés de leur poil d’hiver. Bien sûr, le guetteur de la troupe m’a repéré et a fait revenir les bêtes trop éloignées du groupe. Tout le monde a ensuite pâturé tranquillement avant de disparaître de l’autre côté de la crête

Comme ma promenade s’est déroulée entre 1300 et 1700m d’altitude, il n’est pas étonnant que j’aie vu passer un Aigle royal, malheureusement assez loin. Il est vrai qu’en chasse photo il n’y a que trois distances : trop près (très rare), praticable (ce que le photographe espère) et trop loin (très souvent).

Sur le chemin pour monter à l’alpage se trouve le petit lac de La Joux. Bien qu’il y ait encore une plaque de glace sur une partie ombragée du lac, les grenouilles ont commencé les accouplements et les pontes. Je crois que ce sont des Grenouilles rousses mais la détermination est difficile sur photos.

Pour photographier des grenouilles, il faut un peu de patience et une immobilité parfaite. Pour le Triton des Alpes, c’est une autre histoire : cet animal de la taille d’un lézard est rapide en mouvement et ne s’arrête que lorsqu’il est à l’abri sous les herbes aquatiques.

Autour de Lugrin, les Grands corbeaux continuent leurs vols en tandem, avec quelques pirouettes …

… mais ce que j’ai pu capter cette semaine ce sont les acrobaties des Milans noirs. Ces images sont le résultat de plusieurs observations distinctes.

Il y a aussi des Milans noirs qui sont plus posés ou qui se posent de temps en temps.

Restons chez les Milans noirs . Si je vous dis que sur cette photo, la femelle est à droite et le mâle à gauche : à quoi est-ce que cela se voit ?

Il suffit d’attendre l’accouplement. Chez les oiseaux, le mâle se pose sur le dos de la femelle, le tour est joué !

Le nid de ce couple est très proche du perchoir choisi pour les ébats et l’un des oiseaux – mâle ou femelle ?- y retourne régulièrement, probablement déjà pour couver. On voit juste la tête qui dépasse de l’amas de branchages.

Voici quelques autres oiseaux croisés ces derniers jours, de plus ou moins près :
une Mésange bleue …

…des Rougequeue noirs, une femelle et deux mâles …

… un mâle de Serin cini …

… un Geai des chênes …

… et, en dernier, un Pouillot véloce.

2024-03-31

A cette saison, c’est bien de regarder en l’air mais il se passe aussi des choses intéressantes au sol où pointent les morilles.

Parmi les punaises qui reprennent une intense activité, il y a les Gendarmes, aussi appelés Cherche-midi ou Suisse. L’excellent guide « Les Petites Bêtes » des éditions La Salamandre fait remarquer que les motifs de cette punaise vue la tête en bas rappellent un masque africain.

Les butineurs sont au travail, que ce soit abeille, bourdon ou une des multiples espèces de mouches.

Si on voit bien les grains de pollen collés sur le corps du bourdon ou de la mouche, on se doute moins que la Mésange bleue est considérée comme un pollinisateur. En effet, sa fréquentation de nombreuses fleurs dans les arbres pour sucer du nectar, assure un transport efficace du pollen de fleur en fleur.

Les Pouillots véloces chantent tout le jour, perchés dans différents arbres. Je ne pense pas s’ils aient des vertus pollinisatrices puisqu’ils sont insectivores.

Insectivores aussi, on trouve les Roitelets à triple bandeau …

… ou le Roitelet huppé …

… ou encore le Rougequeue noir – ici femelle, friand de petites araignées.

La Bergeronnette grise se nourrit de petites larves aquatiques au bord des cours d’eau ou d’insectes dans les prés, surtout au voisinage des bouses ou du crottin.

Bien entendu, les hirondelles, comme l’Hirondelle de rochers, sont aussi insectivores, se nourrissant d’insectes volants.

Tiens, un insectivore qui picore aussi volontiers dans les baies et les fruits, la Fauvette à tête noire – ici un mâle.

Plutôt granivores – ou végétariens – il y a les Chardonnerets élégants …

… et les Serins cinis.

La Sittelle torchepot se nourrit d’insectes mais aussi de graines et de fruits à coque. J’ai remarqué en passant que cette sittelle passait la patte derrière son aile pour se gratter le menton. Est-ce le cas chez tous les oiseaux ?

L’Etourneau sansonnet, comme le merle noir, mange aussi bien des vers que des insectes, des baies et toutes sortes de fruits, dont les raisins au grand désespoir des viticulteurs.

Il mange des poissons, des grenouilles, des sauterelles, des vers, etc. c’est le Héron cendré.

Le Grand cormoran par contre est un consommateur exclusif de poisson.

Je sors des commentaires sur la nutrition pour présenter quelques rapaces vus dans la semaine :
en premier, vu de très loin, un Busard Saint Martin, mâle, reconnaissable à l’extrémité noire des ailes et le bord de fuite des ailes noir également.

Ensuite, un Milan royal de passage …

… ainsi que quelques Buses variables …

… et des Milans noirs, certains de passage et d’autre installés pour leur saison lugrinoise.

J’ai pu saisir au vol un Grand corbeau et une Buse variable, ce qui montre bien que ces deux oiseaux ont à peu près la même taille. Puis un Grand corbeau a bien voulu me survoler d’assez près pour un portrait dans de bonnes conditions.

Les Grands corbeaux, dont je pensais les vols nuptiaux terminés, se sont livrés encore à de splendides exhibitions dignes de la Patrouille de France, panaches de fumée en moins.Vol synchronisé à deux, plongés et piqués et surtout des pirouettes menant deux oiseaux presque en face à face depuis très haut dans le ciel jusqu’à la limite des arbres.