Cette sĂ©rie dĂ©bute avec quelques exemples de ce que j’aperçois, soit Ă l’oeil nu, soit dans le viseur de l’appareil photo. Les images sont ici dĂ©jĂ un peu agrandies et traitĂ©es pour accentuer la nettetĂ© ou les contrastes. C’est seulement dans un deuxiĂšme temps que, parfois, je parviens Ă avoir une meilleure vue de l’animal repĂ©rĂ©. Dans l’ordre, il s’agit d’une Chouette hulotte dans un sapin, un HĂ©ron pourprĂ© dans les roseaux, un Bihoreau gris dans les branches mortes au bord du marais, un renard dans les fleurs de pissenlits, une Grande aigrette dans la roseliĂšre et une tortue de Floride qui se rĂ©chauffe sur un perchoir hors de l’eau. Bien entendu, voici maintenant de meilleures prises de ces animaux. Pardonnez un certain dĂ©sordre des photos dans les blocs, je ne parviens pas Ă fixer un ordre d’apparition.
Le plus souvent ce sont des chants qui attirent mon attention mais parfois aussi des mouvements. Dans le cas de la Chouette hulotte, j’ai tout d’abord vu un oiseau s’envoler lorsque je suis passĂ© prĂšs d’un sapin. Ensuite, ce sont les merles qui ont lancĂ© des cris d’alerte dans tout un secteur du bois. Il me restait alors Ă m’approcher avec le nez en l’air pour repĂ©rer les chouettes … car il y en avait deux. La troisiĂšme photo a Ă©tĂ© prise quelques jours plus tard, dans le mĂȘme secteur, mais lĂ c’est l’appel de l’oiseau qui m’a prĂ©venu.
Le HĂ©ron pourprĂ© est moins rĂ©pandu que le HĂ©ron cendrĂ©. Je n’en ai vu que dans la rĂ©serve du Creux de Terre Ă Chavornay (Suisse) ou dans la rĂ©serve de l’Etournel au bord du RhĂŽne Ă cotĂ© de Bellegarde-sur-Valserine. Il est un peu plus petit que le HĂ©ron cendrĂ©, beaucoup plus discret et farouche.
Beaucoup plus difficile Ă observer que le HĂ©ron pourprĂ©, voici le Bihoreau gris. C’est un petit hĂ©ron de 65 cm de haut, nocturne, ce qui explique qu’il peut rester des heures sans bouger durant la journĂ©e. Un observateur que j’ai croisĂ© au bord des Ă©tangs du Creux de Terre m’avait indiquĂ© qu’il y avait un bihoreau sur la rive opposĂ©e. Il m’a fallu un bon moment d’inspection minutieuse de la rive au travers du tĂ©lĂ©objectif pour repĂ©rer un bout de patte jaunĂątre dans les branches mortes. Ensuite, je suis revenu Ă plusieurs reprises au mĂȘme endroit entre 15 et 18 heures mais c’est seulement vers 19h que le bihoreau s’est Ă©tirĂ©, puis a fait quelques pas avant de prendre son envol. L’oiseau brunĂątre de la premiĂšre photo est un immature aperçu dans les marais de l’Etournel.
Le renard est tout d’abord passĂ© sur la rive de l’Ă©tang, assez loin derriĂšre le dortoir du bihoreau. C’Ă©tait donc une surprise pour moi d’en retrouver un (le mĂȘme ?) en contournant un bosquet plus loin dans la zone de rĂ©serve du Creux de terre. Il -ou elle- Ă©tait en compagnie de quatre renardeaux. MĂȘme en me plaquant rapidement au sol, j’ai tout de suite Ă©tĂ© repĂ©rĂ© : l’adulte s’est Ă©loignĂ© en terrain ouvert Ă l’opposĂ© de la haie dans laquelle les renardeaux ont battu en retraite. J’Ă©tais tout de mĂȘme une source de curiositĂ© et deux des jeunes sont ressortis quelques instants pour humer l’air dans ma direction avant de retourner sagement Ă l’abri de leur haie.
La Grande aigrette est encore une autre espĂšce similaire aux hĂ©rons. C’est un bel oiseau assez gracieux parce que tout blanc mais sa voix est un croassement peu harmonieux. De la mĂȘme couleur, en plus petit, le bec gris et les pattes jaune-vert fluo, il y a l’Aigrette garzette, ci-dessous.
La tortue de Floride s’est installĂ©e dans les marais de l’Etournel, Ă partir de quelques individus relĂąchĂ©s dans la nature par des gens qui en avaient assez d’avoir cet animal dans un aquarium-terrarium Ă la maison. MalgrĂ© les tempĂ©ratures plus froides de nos hivers que ceux de Floride, cette espĂšce se multiplie sans aucun prĂ©dateur naturel…
Maintenant quelques espĂšces apercues et vues sans difficultĂ© particuliĂšre d’approche, si ce n’est la patience d’attendre leur apparition ou la rapiditĂ© de visĂ©e et de mise au point Ă leur passage.
Le Busard des roseaux, au Creux de Terre Ă Chavornay. Avec les ailes gris clair Ă la pointe noire, c’est un mĂąle. Avec le corps brun et la tĂȘte bicolore, c’est une femelle. C’est un grand oiseau (1m40 d’envergure) qui vole lentement au-dessus des plans d’eau et des roseliĂšres Ă la recherche de proies.
Certains oiseaux ont fini de couver, d’autres couvent , d’autres encore sont actifs Ă construire ou Ă entretenir le nid. Successivement, un Milan noir, un Grand cormoran et une Mouette rieuse.
La femelle de Harle biĂšvre, photographiĂ©e il y a dix jours Ă la cime d’un chĂątaignier montre oĂč ces canards vont nicher. DĂšs que les cannetons sont Ă©clos, la femelle les descend au lac, soit sur son dos soit en les poussant dans un ruisseau. Les petis sont immĂ©diatement actifs Ă la recherche de proies avec la mĂȘme technique que les adultes : vigoureux coups de palmes pour avancer, avec la tĂȘte sous l’eau. Mais si le courant est trop fort, s’il y a un risque quelconque ou s’il y a un peu de fatigue, hop, les petits grimpent Ă nouveau sur le dos de la mĂšre.
Chez les GrĂšbes huppĂ©s, il y a tous les stades : certains en sont encore Ă la parade alors que d’autres sont en train de couver sur leur nid flottant.
Le Rougequeue noir est un familier de mes photos. Par contre le Rougequeue Ă front blanc est moins frĂ©quent. Ces oiseaux au corps orangĂ© sont les mĂąles, de mĂȘme que les oiseaux Ă tĂȘte noire sont les mĂąles du Rougequeue noir. Les femelles sont, comme l’oiseau de gauche de la troisiĂšme photo, presque identiques pour les deux espĂšces.
Les gobemouches sont de retour depuis quelques semaines mais je n’avais pas encore pu en faire des photos dĂ©centes. Ici deux mĂąles de Gobemouche noir.
L’Epervier d’Europe, que je prĂ©sente rĂ©guliĂšrement puisqu’il en passe souvent au-dessus des prairies de Lugrin.
Les Chardonerets sont en ce moment trĂšs farouches. il est difficile d’obtenir des photos.
Les Bergeronnettes grises sont trĂšs rarement seules, ce sont des oiseaux qui se dĂ©placent au minimum en paires et souvent jusqu’Ă cinq-six individus.
Les pouillots sont de petis oiseaux Ă peu prĂšs gros comme le moineau. Les pattes claires et la longueur des grandes plumes des ailes, les primaires, indiquent pour les trois premiĂšres photos plutĂŽt du Pouillot fitis. La derniĂšre photo serait plutĂŽt un Pouillot vĂ©loce, j’ai entendu son chant.
Le Faucon crĂ©cerelle est visible presque partout oĂč il y a une prairie ou un champ Ă la vĂ©gĂ©tation encore basse. Il vole en faisant du sur place pour guetter des petits rongeurs. La deuxiĂšme photo est celle d’un mĂąle, identifiable par les points noirs sur le plumage du dos.
J’ai tentĂ© des photos d’hirondelles en vol, en profitant qu’elles volaient au ralenti Ă contre-vent au ras de la riviĂšre pour capturer des insectes. Ce sont toutes des Hirondelles rustiques (ce qu’on appelait dans le temps des hirondelles de cheminĂ©e).
La preuve que la Buse variable porte bien son nom est ici : deux plumages assez diffĂ©rents sur le corps. L’absence de barre noire terminale sur la queue indiquerait des individus pas encore adultes. je vais en demander confirmation.
J’aime beaucoup la Mouette rieuse dans son plumage nuptial : la tĂȘte brun chocolat et le cercle oculaire blanc lui confĂšrent un aspect d’oiseau de bande dessinĂ©e.
Puisqu’on en est aux bandes dessinĂ©es, la drague des grenouilles vertes avec les sacs vocaux gonflĂ©s tient aussi de la caricature. D’ailleurs l’Ă©tang oĂč j’ai pris ces photos rĂ©sonnait de croassements mais je n’ai vu aucun succĂšs Ă ces appels bruyants.
Les papillons sont de plus en plus nombreux, comme le Machaon, l’Aurore (Ă vĂ©rifier) ou le Damier.
C’est aussi la grande Ă©closion des orchidĂ©es des prairies. Je ne suis pas encore capable de les distinguer mais je me contente de les admirer en gros ou en dĂ©tail.
DĂšs qu’il y a eu quelques gouttes de pluie pour humidifier la terre, les morilles sont sorties… et les ramasseurs aussi. il faut presque se battre pour en trouver deux ou trois.
Et pour terminer, voici un Ă©cureuil, probablement malade, Ă voir son goĂźtre …
Suite au prochain numéro !