A force de croiser la bande locale de Corneilles noires Corvus corone à chacune de mes sorties dans les prés de Lugrin, les oiseaux sont-ils devenus moins méfiants à mon égard ? J’ai pu en approcher un en tout cas qui semblait plus curieux qu’inquiet.
Ce Moineau Passer domesticus a beau être qualifié de domestique, ses représentants lugrinois sont farouches et s’envolent à la moindre tentative d’approche de ma part. Aucune ressemblance de comportement avec ceux qui fréquentent les terrasses de cafés, bien que ce soit la même espèce.
Il y a quelques oiseaux que j’aurais aimé mieux photographier cette semaine, comme le Roitelet huppé Regulus regulus …
… le Pinson des arbres Fringilla coelebs …
… la Grive draine Turdus viscivorus …
… ou le Grimpereau des bois Certhia familiaris (je crois).
Même si celui-ci est pris de plus près, établir la différence entre Grimpereau des jardins Certhia brachydactyla et Grimpereau des bois Certhia familiaris reste ardu.
Heureusement, d’autres ne peuvent être confondus. Voici le Troglodyte mignon Troglodytes troglodytes …
… et la Mésange noire Periparus ater avec sa tache blanche sur la nuque et ses deux barres alaires.
Vous connaissez bien le Pic épeiche Dendrocopos major, avec sa tête noire et blanche, son poitrail blanc et le croupion rouge.
Alors vous noterez que celui-ci est différent : calotte rouge, ventre strié de brun. Il s’agit du Pic mar Dendrocoptes medius, que je photographie à Lugrin pour la première fois.
Malgré tous mes efforts, en montagne ou en plaine, en promenade ou au cours de longs affuts, impossible de trouver un renne Rangifer tarandus rudolphii dans la région. C’est donc avec une illustration que se clôture cette année 2025. Très bonnes fêtes !
Les grimpereaux sont difficiles à photographier, déjà parce qu’ils sont difficiles à repérer sur les troncs bien qu’on les entende. Ensuite, il faut compter sur un éclairage favorable pour espérer une image où on les distingue un peu de l’écorce. Celui-ci est un Grimpereau des jardins Certhia brachydactyla, je crois, son homologue des bois se distinguant par quelques motifs des ailes.
Autre petit oiseau, l’Orite ou Mésange à longue queue Aegithalos caudatus. Comme ce sont des oiseaux qui vivent en groupes ainsi que par leurs couleurs, ils sont faciles à voir, mais en mouvement incessant, ils sont aussi difficiles à photographier.
C’est également une Orite mais sa tête est totalement blanche. J’en ai déjà photographié une il y a un an. Les avis des ornithologues que j’avais consultés penchaient pour une particularité individuelle plutôt qu’un individu d’une des sous-espèces plus nordique.
Aucun souci d’identification pour celui-ci, le Rougegorge familier Erithacus rubecula.
Pas de difficulté non plus à nommer la Mésange bleue Cyanistes caeruleus. La dernière photo n’est pas là pour sa qualité de netteté mais pour montrer la richesse de couleurs de ce petit oiseau.
Les couleurs plutôt contrastées de la Sittelle torchepot Sitta europaea sont un peu ternies par le contre-jour mais au moins les postures acrobatiques sont visibles.
Un Pic épeiche Dendrocopos major au ventre rouge vif est venu prospecter les branches d’un châtaignier, on voit les traces de frappe a plusieurs endroits en dessous de lui.
Et que pensez-vous des couleurs du Geai des chênes Garrulus glandarius ?
Pour la Pie bavarde Pica pica, je n’ai pu capter les reflets bleus et verts du plumage des jours ensoleillés mais comparez les proportions corps/queue avec les mésanges à longue queue en début d’article. C’est ce dernier oiseau qui devrait bénéficier du qualificatif.
Les Corneilles noires Corvus corone sont omniprésentes dans les prés fouillant les feuilles mortes et la terre pour se nourrir.
Les Goélands leucophées Larus michahellis se reposent sur le lac ou sur des poteaux. La marque noire sur le bec et le bord brunâtre des ailes indiquent un individu de 3è année.
Les Grèbes castagneux Tachybaptus ruficollis ont un air sympathique et certainement peu prédateur mais quand ils se disposent en ligne de traque, les poissons sont bien menacés.
Autre canard pêcheur, le Harle bièvre Mergus merganser. Le mâle a la tête vert sombre, la femelle a la tête brune. En dernière image on voit un peu les « dents » qui lui permettent de saisir les poissons malgré leurs corps glissants.
Le Cincle plongeur Cinclus cinclus nage fort bien et plonge pour saisir, habituellement, des larves aquatiques ou de petits crustacés. J’ai pu observer la recherche de proies sur le rivage. Regardez les galets : l’oiseau les saisit avec le bec pour les pousser. La grosseur que l’on voit sous son bec est probablement une infection.
Un peu plus loin le même jour, je pense avoir assisté à une séance de séduction car c’est peu fréquent qu’un oiseau passe d’un perchoir à un autre en gardant une proie visible dans son bec.
La Buse variable Buteo buteo de la semaine, en train de se chauffer les ailes par un maigre soleil.
J’ai aperçu ce rapace à son arrivée dans les arbres. Très vite les corneilles sont venues le harceler pour qu’il s’éloigne. Un ornithologue équipé d’une longue ue à fort grossissement m’a confirmé qu’il s’agissait d’un Autour des palombes Astur gentilis, de deuxième année. On voit les taches sur le corps et surtout le sourcil clair, caractéristiques de l’espèce.
En montagne, j’ai dérangé une femelle chamois Rupicapra rupicapra et son petit qui siestaient au soleil. Ils se sont enfuis mais sans grande précipitation. J’étais malheureusement empêtré dans les buissons et chaque photo est traversée par des branches. Mais ça donne un genre …
Passons du plus petit au plus gros de cette semaine. Le plus petit c’est le Roitelet huppé Regulus regulus, haut de 9cm pour un poids de 5 à 7 grammes. Il « court », sautille et volette dans les branches pour picorer de petits insectes.
A peine plus gros qu’un moineau, il y a les pinsons. Ceux visibles toute l’année à Lugrin sont les Pinsons des arbres Fringilla coelebs. Curieusement, je n’ai eu dans l’objectif que des mâles.
Les Pinsons du Nord Fringilla montifringilla ne viennent dans la région que pendant l’hiver. Ils arborent un plumage assez joli, marqué par de l’orange autour du cou, la tête et les ailes cendrées.
Les Pics épeiches Dendrocopos major pèsent entre 70 et 100 gr pour une envergure d’un peu moins de 40 cm. Les deux dernières images montrent la façon dont les pics s’accrochent au tronc, avec des ongles bien acérés et en appui sur les plumes très raides de leur queue.
Le plus gros oiseau vu cette semaine est la Buse variable Buteo buteo. C’est un rapace de taille moyenne, 50 à 60 cm pour une envergure de 120 cm et un poids de 700 à 1300 gr.